
Photo vue sur Yimmys Yayo, un excellentissime site de microblogging photo (ici en l’occurrence basé sur tumblr), qui nous donne l’occasion de parler un peu de ce sujet.
Car derrière les 140 caractères qu’on se croit obligé de mettre à jour toutes les heures, voire toutes les 10 minutes, se cache une tendance de fond, beaucoup plus intéressante à analyser que la ponctualité Twitter : c’est le microblogging, ou l’art d’inonder l’univers digital de « micro-posts » réguliers sur sa vie, ses goûts, ses humeurs, de manière infiniment plus rapide, facile, elliptique qu’avec un blog classique. Et accessoirement, avec une taille de message parfaitement optimisée pour une consultation sur « micro plate-forme » comme l’écran d’un PDA intelligent… Vous me suivez ?
2 points de réflexion sur lesquels il sera pertinent de consacrer un peu d’énergie neuro-synaptique dans les semaines qui viennent :
1. le bruit de fond
J’aime bien les chaussettes Mickey. Information d’une futilité à peu près totale, à ceci près qu’aujourd’hui, je peux le faire savoir à 1 milliard de personnes. Et facilement. Sans avoir à maîtriser quoique ce soit de technique, rébarbatif, compliqué. C’est ça le grand changement.
Pour dire que j’aime les chaussettes Mickey, il me fallait auparavant a minima ouvrir mon blog. Compliqué. Trop compliqué si c’est juste pour dire ce genre de choses, donc très peu s’y sont mis.
Aujourd’hui, c’est 27 secondes chrono pour ouvrir mon compte Twitter et poster mon premier message. Qui pourra être instantanément accessible à toute la planète. C’est environ la moitié si je décide de communiquer en image par un compte Tumblr.
Et la voilà, la tendance de fond du nouveau paradigme digital : toutes ces pico-informations, ce bruit de fond qui auparavant n’avait pas droit de cité, était inaudible, invisible, inaccessible en fait, tout cela remonte aujourd’hui à la surface du web, consultable par tous, instantanément et à peu de frais. Un tas de petites informations, souvent sans intérêt, à caractère personnel, ce qu’on appelle du « proto-éditorial », qui se retrouvent côte à côte avec la « vraie info ».
Et alors, me direz-vous ? Alors du point de vue de ceux dont le métier est de penser le Marketing de l’offre, qu’on parle ici d’offre en tant que contenu, ou en tant que produit, il y a quelque chose à apprendre.
Qui créera la solution qui, à l’instar d’un Google Analytics avec les statistiques d’un site web, vous sortira la synthèse intelligente de ce bruit de fond retrié, recompilé, pour fournir aux spécialistes une information en temps réel sur les tendances du consomm’acteur (néologisme prémédité) ? En fait, un tel outil existe déjà, cherchez un peu…..
2. la peur
L’émergence d’une nouvelle techno, d’une nouvelle plate-forme, d’un nouveau machin techno qui va nécessiter de la part des adopters l’apprentissage puis la maîtrise de nouveaux outils, d’une nouvelle pratique, dépend fondamentalement de la capacité de ses créateurs à apaiser le sentiment de peur, et précisément ici de peur de « ne pas en être capable ».
Prenons le blogging « traditionnel » : combien de seniors, qui auraient très certainement quantité d’expériences à partager à travers un petit blog bien foutu, reculent devant l’obstacle lorsqu’ils commencent à se renseigner sur comment créer puis alimenter un blog, simplement parce qu’ils ont peur « de ne pas y arriver » ? Et même si j’entends souvent mon Directeur Technique répéter à l’envi que « c’est vraiment super facile », ce n’est pas le cas. Du tout. Pour créer un blog qui donne envie à son premier visiteur, son auteur, il faut, dans le désordre, maîtriser au minimum : le XML, les CSS, l’HTML, les formats d’illustrations et de vidéos, savoir se logger, comment installer ses plug-In wordpress (ou Movable, ou autre…) et j’en passe. Administrer un blog n’est pas évident pour celui qui n’est pas déjà relativement à l’aise avec la chose internet.
Le microblogging, quant à lui, permet déjà d’accéder au plaisir de jouer les éditorialistes en herbe, pratiquement sans avoir à maîtriser ni même apprendre quoi que ce soit en amont. C’est là la clé du succès d’un Twitter (basé sur les mots) ou d’un Tumblr (basé sur les photos). Et c’est une tendance de fond qui caractérise la montée en puissance de ce qu’on appelle (attention, terme à la mode ->) le Social Media.
Où l’on comprend mieux quel raisonnement a amené Facebook à travailler sur une version simplifiée de son interface…
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Quelques plates-formes de microblogging sont analysées et comparées sur l’excellent mashable.com.
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Quelques – vieux – chiffres et éléments de compréhension sur le microblogging en France (post du 21 septembre 2008 sur le blog de Fred Cavazza) :
- une formidable progression de 422% en une année (cf. Twitter is Growing Like Crazy: Up 422% in 12 Months) ;
- une masse critique que l’on est en train d’atteindre petit à petit (cf. 3 millions Twitter users) ;
- le développement d’offres de monétisation ,comme Twittad ou Twittertise ;
- des signaux culturels forts, comme cette chanson (The Twitter Song) ou cette parodie de mauvais goût (Twitter is down again, Mein Führer) ;
- l’apparition de clones en open source comme identi.ca ou Jisko (cf. Jisko: Competition for Identi.ca?) ;
- la montée en puissance de déclinaisons BtoB comme Yammer (la start-up ayant remporté l’édition 2008 du TechCrunch50) ou Present.ly (cf. Another Twitter for Companies, This Time Done Right) ;
- un relooking complet pour Twitter et FriendFeed (les deux services stars de cette catégorie).
